Comment se déclenche la maladie d’Alzheimer ?

Devenue un véritable enjeu de santé publique, la maladie d’Alzheimer affecte les capacités cognitives et réduit peu à peu l’autonomie des personnes atteintes. Nous vous proposons de faire un point sur cette pathologie neurodégénérative qui touche de nombreuses personnes en France.

Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?

Si la maladie a été diagnostiquée au début du XXe siècle par le psychiatre et neuropathologiste Allemand Aloïs Alzheimer, c’est bel et bien la découverte des constituants biologiques qui a permis d’identifier les gènes responsables de sa transmission dans le cerveau de l’être humain dans les années 80 et 90.

Toutes les recherches entreprises jusqu’à aujourd’hui ont notamment défini la maladie d’Alzheimer comme la plus fréquente des maladies neurodégénératives affectant le fonctionnement du cerveau et entraînant de façon progressive la destruction des cellules nerveuses. Cette maladie entraînant un déclin cognitif, et liée au vieillissement, représente à ce jour entre 50 % et 80 % des états de démence. Cette maladie se caractérise par l'accumulation et la propagation de protéines inhabituelles (nommées bêta-amyloïde et Tau) dans le cerveau.

« La maladie d’Alzheimer se déclenche tardivement »

Comme l’explique Judith Mollard, psychologue clinicienne et chef de projet à l’association France Alzheimer, « la maladie se déclare tardivement, notamment chez les femmes qui vivent plus longtemps, et de manière générale, c’est une évolution qui est lente et progressive chez les patients qui la développent ». Il est important de noter que la maladie s’étire sur une dizaine d’années après l’apparition des premiers symptômes. Et à partir de 65 ans, le risque de développer la maladie augmente et double environ tous les cinq ans.

Les chiffres autour de la maladie d’Alzheimer

Aujourd’hui, 1,2 million de personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer ou par une maladie apparentée (voir plus bas pour plus de détails) et près de 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Cette pathologie est la 4ème cause de décès en France alors que 60 % des personnes touchées sont des femmes. D’ici 2050, une hausse de 40 % est attendue soit près de 2 millions de personnes touchées par la maladie d’Alzheimer.

Quels sont les maladies apparentées à la maladie d’Alzheimer ?

Si vous avez pu entendre parler de la maladie d’Alzheimer, d’autres maladies « apparentées » présentent également les mêmes symptômes. Elles n’ont pas toutes la même évolution, elles ne relèvent donc pas de la même prise en charge, ni du même traitement. Parmi les plus fréquentes, il y a les atrophies du lobe, la paralysie supra-nucléaire progressive, la dégénérescence cortico-basale ou encore la maladie à corps de Lewy.

Les atrophies du lobe temporal à expression verbale

L’aphasie progressive primaire se caractérise essentiellement par la présence de troubles du langage qui, constituent l’essentiel des difficultés précoces et pendant les premières années de la maladie. L’âge moyen de début est souvent avant 65 ans et le début des symptômes est très insidieux et l’évolution progressive. La maladie se caractérise par un manque du mot, une difficulté à dénommer un objet ou à comprendre un mot puis par une diminution du débit verbal. D’autres troubles cognitifs peuvent survenir, mais c’est bien le langage qui est le plus concerné.

La démence sémantique est un trouble dégénératif caractérisé par la perte du sens des mots et des objets. La parole est fluide, mais n’a plus de sens. Ces troubles peuvent rester isolés pendant plusieurs années et les patients continués à gérer leur vie de façon autonome. L’âge moyen de début se situe souvent avant 65 ans. Son évolution entraîne un handicap important et les patients ne parviennent plus à identifier les choses, ne reconnaissent plus les personnes ou les lieux et ont des troubles du comportement (égocentrisme, perte de la notion de danger, obsession, routine).

La paralysie supranucléaire progressive

La maladie de Steele-Richardson-Oslewski, du nom des trois médecins qui la décrivirent en 1963, associe des troubles cognitifs, des troubles du comportement, des symptômes de la maladie de Parkinson et une paralysie du regard. Elle débute généralement après 50 ans, et il n’y a pas de caractère familial. Progressivement, les lésions affectent l’équilibre (risque de chutes), la vue (capacité à bouger les yeux du haut vers le bas), la mobilité, la déglutition, la parole (débit lent) et la mémoire (troubles).

La dégénérescence cortico-basale

C’est une maladie neurodégénérative décrite pour la première fois à la fin des années 60 et qui se manifeste par une difficulté à réaliser certains gestes de la vie quotidienne. Le diagnostic peut s’avérer complexe du fait de la variabilité des symptômes qui ont tendance à se développer avec le temps : maladresse (incapacité à réaliser certains gestes avec la main), contractions involontaires de certains muscles (dystonie), symptômes de la maladie de Parkinson (tremblement, rigidité des membres, visage inexpressif).

La maladie à corps de Lewy

Décrite pour la première fois au début des années 1900 par le médecin allemand neuroanatomiste Friedrich Lewy, la maladie représente 20 % des maladies neurodégénératives. Elle se manifeste par deux des quatre caractéristiques suivantes : grande fluctuation des performances cognitives avec variation de l’attention et de la vigilance, hallucinations visuelles, symptômes parkinsoniens, troubles visuo-spatiaux qui entraînent une incidence sur l’écriture et le dessin. Les troubles de la maladie à corps Lewy concernent l’attention, le langage, les capacités de raisonnement et la mémoire. D’autres symptômes y sont associés comme les chutes, les malaises avec perte de connaissance, les hallucinations, les troubles du sommeil, la dépression et les idées délirantes.

La démence fronto-temporale (DFT)

Troisième cause de démences avant l’âge de 65 ans, la maladie décrite en 1892 par Arnold Pick se caractérise par la mort progressive des neurones au niveau des lobes frontaux (parties antérieures et latérales du cerveau). Les personnes souffrant de cette maladie ont des troubles du comportement (émotion, initiative, contrôle de soi, comportement social, attention et expression verbale) qui précèdent des troubles de la mémoire. Avec le temps, les personnes vont être indifférentes à ce qui se passe autour d’elles et vont avoir de plus en plus de mal à s’exprimer.

Comment accompagner les personnes âgées face à la maladie d’Alzheimer ?

Votre parent est atteint d’une maladie apparentée ou de la maladie d’Alzheimer ? Sachez que nos auxiliaires de vie sont en mesure de prendre en charge les personnes souffrant d’une maladie affectant les fonctions cognitives. Grâce à une prise en charge à domicile adaptée aux besoins des personnes âgées et/ou des personnes en perte d’autonomie, notre enseigne souhaite également prendre le relais des aidants familiaux. S’il n’existe aucun traitement pour éliminer cette pathologie, il est toutefois possible de ralentir la maladie et les troubles apparentés à travers des exercices afin de stimuler la mémoire de la personne âgée. Pour bénéficier ou faire profiter votre parent d’une aide adaptée à domicile, n’hésitez pas à prendre contact avec l’agence Senior Compagnie la plus proche.

Source : Association France Alzheimer - Inserm