Comment accompagner une personne atteinte par la maladie de Parkinson ?

Comment accompagner une personne atteinte par la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson et les maladies apparentées impliquent une perte d’autonomie chez les personnes touchées. L’accompagnement au quotidien devient alors une nécessité pour leur permettre de continuer à vivre à domicile et repousser le plus longtemps possible l’entrée en dépendance. 

Avec l’objectif d’accompagner une personne atteinte par la maladie de Parkinson, l’aide à domicile assure à la fois un travail de bienveillance et encourage la personne à rester autonome le plus longtemps possible.

Comment accompagner la personne dans l’aide à la toilette ?

Avec l’avancée de la maladie, la personne peut manquer de force et de dextérité dans la réalisation des mouvements. Une aide partielle ou totale peut s’avérer pour réaliser sa toilette.

Pour permettre à la personne de rendre ce moment intime le plus agréable possible, voici ce qu’il est possible de faire :

  • Aménager l’environnement : organisez la salle de bain afin de la rendre accessible. Préparez le matériel adapté comme le tapis (antidérapant ou à ventouses) ou la chaise de douche. Vérifiez que le sol ne soit pas glissant. Pensez à retirer aussi les objets dangereux pour limiter le risque de chute. N’oubliez pas que la toilette peut aussi se réaliser au lit ou au lavabo selon le souhait et l’autonomie de la personne.
  • Rester disponible : n’hésitez pas à proposer votre aide si la personne a des difficultés à réaliser sa toilette. Montrez-lui qu’elle n’est pas seule et qu’elle peut s’appuyer sur votre aide. Le principal reste d’accompagner au mieux la personne dans les gestes qu’elle ne peut pas effectuer toute seule.
  • Respecter l’intimité : la toilette est un moment intime et la personne peut se sentir gênée à l’idée de dépendre d’une autre personne. N’envahissez pas son espace et laissez-lui du temps pour réaliser sa toilette en prenant en compte ses symptômes liés à la maladie de Parkinson.
  • En cas de difficulté : rassurez la personne et proposez-lui de réaliser sa toilette en position assise pour réduire la fatigue et les efforts. Encouragez-la en lui expliquant qu’il est possible de passer à une autre étape de la toilette moins contraignante.
  • En cas de refus : les symptômes peuvent évoluer durant la journée et peuvent entraîner des blocages. Afin de comprendre la raison du refus, soyez à l’écoute et dans la compréhension. N’insistez pas auprès de la personne et expliquez-lui que la toilette peut être séquencée ou réalisée à un autre moment de la journée.

Comment accompagner la personne dans l’aide à l’habillage ?

S’habiller est parfois une étape particulièrement difficile pour une personne atteinte de la maladie de Parkinson. Il devient alors indispensable de prendre en compte les besoins de la personne et de l’accompagner pour qu’elle se sente à l’aise et confortable dans ses vêtements.

Pour accompagner la personne dans l’aide à l’habillage, vous pouvez :

  • Solliciter la personne : demandez-lui ce qu’elle souhaite porter et respectez son choix. N’oubliez pas de prendre en compte les goûts de la personne. Faites aussi des suggestions si vous constatez que la personne hésite entre plusieurs vêtements. Être coquet peut favoriser son bien-être et son moral.
  • Sélectionner les vêtements : privilégiez des vêtements amples et simples d’utilisation pour faciliter l’habillage de la personne (scratch, fermeture éclair, bande auto-agrippante ou en velcro, tissus extensibles, ceinture élastique). Mettez-les à disposition sur le lit pour limiter ses mouvements et ses efforts. Optez pour des chaussures confortables (chaussures fermées sans lacets) et adhérentes de préférence pour limiter les risques de chutes. Le chausse-pied, l’enfile bas et l’enfile bouton peuvent être d’une grande aide. 
  • Organiser la tenue du jour : pour limiter les efforts de la personne, n’hésitez pas à disposer en ordre les vêtements à mettre les uns après les autres. Expliquez à la personne la raison pour laquelle vous procédez ainsi. La communication est essentielle afin qu’elle comprenne que c’est dans son intérêt.
  • Rassurer et encourager : si la personne éprouve des difficultés pour s’habiller, restez à ses côtés pour lui venir en aide et la tenir par la main ou par le bras. Expliquez-lui ce que vous faites (« j’enfile le pull par la tête », « je boutonne votre veste »). Proposez-lui de s’asseoir sur le lit ou dans un fauteuil disposant d’accoudoirs pour favoriser son équilibre.

BESOIN D’AIDE
DANS VOS DÉMARCHES ?

La personne veut s’habiller tous les jours de la même façon ?

Ce n’est pas un problème tant que la personne ne met pas un vêtement sale et porté la veille. Vous pouvez en parler avec les proches afin de savoir s’il est possible d’avoir plusieurs exemplaires du modèle en question. Si la personne s’y sent à l’aise, il est préférable de ne pas changer ses habitudes et de ne pas la perturber.

Comment accompagner la personne dans l’aide aux repas ?

Le repas est un des temps forts de la vie d’une personne âgée. Mais avec l’apparition de la maladie de Parkinson, la prise de repas peut devenir une véritable épreuve pour la personne.

Pour que le repas reste un moment de plaisir et de détente, il est conseillé de :

  • Créer un environnement agréable : assurez-vous que la personne soit bien installée à table en position assise pour faciliter la prise des aliments et éviter qu’elle réaliser des mouvements trop amples et fatigants. Utilisez des ustensiles adaptés à la maladie de Parkinson si la personne en dispose dans son logement. Privilégiez une assiette creuse, un verre ou un gobelet avec des poignées ergonomiques, des couverts lourds ou lestés en cas de tremblement chez la personne (le poids un moyen de stabiliser le mouvement).
  •  Privilégiez une alimentation saine et variée : optez pour les protéines (viande, œufs, poisson, lait et produits laitiers) et les fibres (légumes et fruits) qui sont indispensables au maintien d’un bon état nutritionnel. Une bonne alimentation limite les problèmes liés à la maladie comme la dénutrition, la constipation et la déglutition. Assurez-vous que la personne boit suffisamment de liquide chaque jour (eau, soupes, jus et lait). N’oubliez pas de demander à la personne ce qu’elle aime manger pour que le repas reste aussi un moment de plaisir.
  • Prendre le temps : favorisez un environnement calme pour que la personne mange à son rythme et en petites quantités si nécessaire. Ne lui posez pas de questions pour ne pas la perturber. Cela peut éviter les problèmes de mastication et de déglutition.
  • En cas de difficultés gestuelles : aidez la personne à manger si elle a des difficultés à manipuler les ustensiles (lenteur, tremblement et rigidité). Découpez les aliments en petite quantité pour faciliter la prise de repas.
  • En cas de perte de goût ou d’envie : favorisez les petites quantités et des aliments faciles à mastiquer afin d’éviter les difficultés lors de la prise de repas. N’oubliez pas la présentation des assiettes, les couleurs et le dressage sont importants ! Vous pouvez également rehausser le goût des aliments avec des épices, herbes ou aromates selon les goûts.
  • En cas de refus : ne forcez pas la personne au risque de la perturber et de la faire culpabiliser face à son handicap. Proposez-lui de fractionner le repas en plusieurs fois en cas de troubles de la déglutition ou de repousser la prise à un autre moment dans la journée

Comment accompagner la personne dans l’aide sociale et relationnelle ?

Si l’accompagnement dans les gestes de la vie quotidienne est essentiel pour assurer le maintien à domicile, proposez des activités variées est très bénéfique pour entretenir la santé et le moral des personnes touchées par la maladie de Parkinson.

Voici quelques activités que vous pouvez appliquer lors de vos missions :

  • Des activités physiques : le yoga, la danse, la marche et le jardinage sont autant d’activités douces qui peuvent convenir à l’état de santé d’une personne atteinte de la maladie de Parkinson. Cela permet à la personne de rester en forme, de solliciter ses muscles et ses articulations et d’améliorer sa mobilité et son équilibre. Rester actif est synonyme d’une meilleure qualité de vie et diminue le stress.
  • Des activités artistiques : proposez une activité artistique comme le chant ou la peinture est un excellent moyen de solliciter la personne en faisant travailler sa voix, son élocution et sa gestuelle. Ces activités vont lui permettre de s’exprimer et de lui redonner de la motivation. Prenez en compte les capacités de la personne surtout si cette dernière a des difficultés à parler ou souffre de tremblements.
  • Des activités ludiques : jouer à des jeux de société est très utile pour les personnes touchées par la maladie de Parkinson afin de stimuler leur réflexion et combattre les troubles cognitifs qui apparaissent dans le temps. Pensez également aux jeux comme le sudoku qui permettront d’allier la réflexion et le travail de l’écriture afin de réduire la micrographie.
  • Pensez aux activités quotidiennes : lorsque vous préparez le repas ou faites un peu de rangement, n’hésitez pas à faire participer la personne si elle le souhaite. Cela lui permettra de faire travailler ses mouvements et ses réflexes. Prenez en compte le handicap de la personne afin de ne pas trop la fatiguer. Une simple discussion peut faire le plus grand bien.

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Pour organiser une activité dans les meilleures dispositions, quelques conditions sont nécessaires : créez un environnement sain lorsque vous organisez des activités avec la personne. Adaptez l’activité aux capacités de la personne et mettez en place des temps de pause pour qu’elle puisse récupérer après un effort. Privilégiez le calme afin d’éviter que la personne ne soit distraite. Observez la personne et jugez bon d’arrêter l’activité si vous constatez qu’elle montre des signes de fatigue.

Comment aider la personne dans l’accompagnement aux WC ?

L’apparition de la maladie de Parkinson et les maladies apparentées impactent le quotidien. Cela se manifeste par des troubles digestifs et des troubles urinaires qui apparaissent à un stade avancé de la maladie de Parkinson et concernent plus de 50 % des personnes touchées.

Afin d’aider la personne à mieux appréhender les effets de ces symptômes, voici quelques conseils que vous pouvez appliquer dans le cadre de vos missions :

  • Faciliter l’accès des toilettes : analysez le logement de la personne et enlevez les obstacles présents sur le chemin menant aux WC (fil, câble et tapis) pour limiter les risques de chutes. Pensez à allumer la pièce pour éviter que la personne ne chute. Les barres d’appui sont vivement conseillées ainsi que le matériel susceptible de l’aider comme une chaise ou le rehausseur.
  • Choisir les vêtements : pour faire gagner du temps à la personne, il est préférable qu’elle porte des vêtements confortables, simples à mettre et à enlever (scratch, fermetures éclairs ou en velcro, tissus extensibles, ceinture élastique, etc.). Cela est d’une grande aide si la personne a une envie fréquente d’uriner.
  • Faciliter les déplacements : si la personne a des difficultés pour se rendre aux toilettes, n’hésitez pas à lui proposer votre aide pour l’accompagner. Rassurez-la tout au long du trajet et suivez son rythme de marche en prenant en compte ses difficultés liées à la maladie de Parkinson.
  • Solliciter la personne : demandez à la personne si elle a besoin d’aide pour se déshabiller. Les difficultés motrices peuvent rendre le moment de la toilette très désagréable et gênant pour elle. Proposez-lui du papier toilette et gardez la porte entrouverte afin de la rassurer et lui montrer que vous n’êtes pas loin d’elle.
  • Surveiller la prise de médicament : assurez-vous que la personne suit bien son traitement pour limiter les troubles urinaires. Cela évite à la personne de se rendre en urgence aux toilettes et ses besoins d’uriner sont moins fréquents.
  • En cas d’accident : apportez votre soutien et faites preuve de patience et de compréhension afin de ne pas faire culpabiliser la personne. Soyez vigilant quant à vos remarques, vos mimiques et vos attitudes. Si les accidents sont trop fréquents, n’hésitez pas à le signaler au médecin traitant afin de prendre des mesures pour améliorer le quotidien de la personne.

Comment accompagner la personne dans l’aide au coucher ?

Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson souffrent parfois d’insomnie chronique ce qui rend parfois complexe le moment du coucher. La personne perd progressivement ses réflexes et l’heure d’aller se coucher devient une véritable épreuve du combattant. Avec les troubles de la motricité, elle peut également rencontrer des difficultés à se déplacer pour rejoindre son lit.

Pour faciliter le moment du coucher, vous pouvez :

  • Éviter la sollicitation : privilégiez le calme et la détente avant le coucher. Pour favoriser le sommeil de la personne le soir, proposez des activités dans la journée pour la tenir éveillée le plus possible et qu’elle ne fasse pas trop de siestes (somnolence diurne).
  • Mettre en place des actes répétés : face aux troubles du sommeil, il est conseillé d’installer une routine dans le quotidien de la personne. Respectez également ses choix et ses habitudes si cela ne perturbe pas son sommeil. N’oubliez pas de préciser aux proches que vous avez installé une routine favorisant le bien-être de la personne.
  • Assurer le déshabillage : ce moment de la journée peut être particulièrement complexe avec les symptômes liés à la maladie. N’hésitez pas à lui proposer votre aide et à utiliser le matériel à disposition (barre de lit, planche de transfert). Adaptez-vous à son handicap et attendre que la personne vous sollicite avant d’agir.
  • Créer un environnement propice : au moment du coucher, pensez à éteindre la radio ou le téléviseur. Évitez de proposer un café ou un thé après le dîner à la personne. Fermez les volets et les stores le soir. La dépression est un facteur d’insomnie donc il est important de rassurer la personne si elle angoisse au moment du coucher.

Vous avez mis en place un rituel ou vous constatez que l’aidant à domicile rencontre des difficultés lors du coucher ? N’hésitez pas à lui transmettre des conseils.

Les troubles du sommeil chez la personne atteinte de la maladie de Parkinson :

Avec l’évolution de la maladie de Parkinson, la personne peut présenter des comportements anormaux lors de son sommeil : insomnie, somnolence excessive, mouvements brusques, blocages et courbatures. Assurez-vous que la personne suive son traitement. En cas de réveil inopportun, apportez du réconfort à la personne et rassurez-la. Proposez-lui de boire de l’eau et installez une discussion pour que la personne retrouve son calme. En cas de difficulté pour retrouver le sommeil, restez auprès de la personne et proposez-lui une activité qui ne nécessite pas de se déplacer et de sortir du lit.

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