Comment accompagner une personne atteinte par la maladie d’Alzheimer ?

Comment accompagner une personne atteinte par la maladie d'Alzheimer

Comment accompagner une personne atteinte par la maladie d’Alzheimer ? Voici ce qu’il faut savoir sur l’accompagnement permettant de solliciter les capacités de la personne et retarder son entrée en dépendance.

Parce que la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées impactent l’autonomie, l’accompagnement se doit d’être stimulant. L’objectif est de veiller au bien-être de la personne atteinte et éviter de la mettre en situation d’échec. La routine lui permet justement de pouvoir se repérer et savoir à quoi s’attendre. 

Comment accompagner une personne dans l’aide à la toilette ?

Qu’importe l’âge, toute personne souhaite rester présentable et à son avantage. Avec l’avancée de la maladie d’Alzheimer, la personne a besoin d’une aide de plus en plus importante pour réaliser sa toilette.

Afin de rendre agréable ce moment bien qu’il soit intime, il est conseillé de :

  • Créer un climat de confiance : préparez la salle de bain pour que la personne s’y sente bien (lumière tamisée, chaise et serviette à proximité). Parlez doucement et entamez la conversation. Veillez à utiliser le matériel et les produits qu’elle préfère.
  • Solliciter la personne : en fonction des capacités de la personne, veillez à la stimuler en lui montrant les gestes à réaliser au préalable et en l’accompagnant dans la réalisation si besoin. En cas d’incapacité totale, prévenez-la toujours des gestes que vous allez faire.
  • Respecter l’intimité : la toilette est un moment intime. Procédez de façon progressive afin de ne pas la brusquer. Vous pouvez également mettre une serviette à proximité si besoin pour que la personne puisse se couvrir.

En cas d’impatience : détournez l’attention avec une chanson, des questions, des souvenirs plaisants afin que la personne se focalise sur ce qu’elle apprécie. Vous pouvez aussi prendre le temps de lui faire un massage pendant quelques minutes ou séquencer la toilette en plusieurs étapes.

En cas d’agressivité : ne faites pas face à la personne, faites une pause et rassurez-la. Certains moments de la toilette peuvent être vécus comme une agression ( shampoing, soin du visage).

En cas de refus : n’oubliez pas que la personne reste libre de ses choix. Limitez-vous à l’essentiel et ne la forcez pas. La toilette pourra être séquencée ou réalisée un autre jour. Veillez aussi à comprendre la raison du refus de la personne et à faire preuve d’une écoute bienveillante envers la personne.

Comment accompagner une personne dans l’aide à l’habillage ?

Avec l’avancée de la maladie d’Alzheimer, la personne peut rencontrer des difficultés pour choisir ses vêtements et s’habiller. Il est donc indispensable de créer une relation de confiance et de faire preuve de prévenance lors de ces moments d’intimité.

Pour aider au mieux la personne atteinte par la maladie d’Alzheimer, il est conseillé :

  • Trier les vêtements : dans l’armoire, faites en sorte qu’il n’y ait pas trop de vêtements afin de simplifier le choix de la personne. S’il y a trop de possibilités, cela pourra créer de la confusion et générer une situation de stress.
  • Solliciter la personne : laissez la personne choisir sa tenue et ne vous formalisez pas si l’ensemble n’est pas très assorti. Lors de l’habillage et fonction des capacités de la personne, pensez à la solliciter et à toujours expliquer ce que vous allez faire.
  • Organiser les vêtements : lorsque vous préparez les tenus de la personne, veillez à les mettre dans l’ordre dans lequel les vêtements doivent être mis, cela permet de lui faciliter la tâche. Vous pouvez également lui donner les vêtements un par un en lui indiquant les étapes à suivre. Si la personne n’est plus en mesure de s’habiller, comme pour la toilette, indiquez toujours ce que vous allez faire afin de ne pas la brusquer.
  • Choisir les vêtements : pour faciliter le quotidien, prendre des vêtements à la fois simples d’utilisation (scratch, fermeture éclair ou en velcro, tissu extensible ; ceinture élastique) et qui soient confortables. Attention également aux chaussures, il est préférable qu’elles soient à la fois confortables mais aussi adhérentes au sol afin d’éviter les risques de chute.

BESOIN D’AIDE
DANS VOS DÉMARCHES ?

La personne veut s’habiller tous les jours de la même façon ?

Il est conseillé d’avoir les vêtements en plusieurs exemplaires ou de les laver le plus souvent possible. Un manque d’hygiène pourrait entraîner des infections, cela nécessite donc une grande vigilance de votre part.

Comment accompagner une personne dans l’aide aux repas ?

Le repas est un événement important de la journée. Bien qu’il se veuille être un moment de détente, il peut vite devenir complexe à gérer pour une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Pour favoriser la bonne conduite d’un repas, il est conseillé de :

  • Mettre en place une routine autour du repas : un rituel permet de rendre plus facile ce moment. Vous pouvez l’associer au choix du menu, à la préparation du repas et les prendre à heure fixe, etc.
  • Créer un environnement agréable : il faut éviter au maximum les éléments pouvant distraire la personne pendant son repas. Veillez à éteindre la télévision, utilisez des couleurs unies (nappe, vaisselle), n’encombrez pas la table, mettez l’accent sur la présentation des assiettes et veillez à l’installer confortablement.
  • Tenir compte des contraintes : essayez de varier les menus tout en prenant en compte les différents apports nécessaires et les régimes spécifiques ou textures à respecter. Pensez bien sûr aux gouts de la personne, n’hésitez pas à lui demander ce qu’elle aime.
  • Prendre le temps : il est important de prévoir assez de temps pour le repas. La personne doit manger à son rythme et ne pas être brusquée afin d’éviter les fausses routes par exemple. Proposez-lui également souvent de boire, notamment en cas de fortes chaleurs.

En cas de perte de repères : participez au repas et montrez l’exemple afin que la personne puisse reproduire vos gestes. Veillez à faire des gestes lents afin qu’elle comprenne ce qu’il faut faire et garde un maximum d’autonomie.

En cas de difficultés gestuelles : réépliquez et montrez à la personne comment utiliser les couverts. Acceptez qu’elle mange avec les mains si c’est plus facile. Il faut avant toute chose éviter le risque de dénutrition.

En cas de refus : stimulez la personne sans la forcer, ne vous énervez pas et proposez-lui des petites quantités, des assaisonnements ou des aliments sucrés qui sont fortement appréciés. Vous pouvez également fractionner le repas pour qu’il soit accepté plus facilement.

En cas de déambulation : essayez de capter son attention, mais ne la forcez pas à s’asseoir. Donnez-lui à manger en restant à ses côtés et essayez de comprendre la raison du refus de se mettre à table.

Comment accompagner une personne dans l’aide sociale et relationnelle ?

Au-delà de l’accompagnement aux gestes de la vie quotidienne, apporter un accompagnement convivial et ludique est tout aussi important pour une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Pour animer les temps de loisir, vous pouvez organiser :

  • Des activités ludiques : l’objectif est de mobiliser les connaissances, travailler la concentration et la réflexion par le biais de jeux : jeux de construction, de lettres, de mots, stratégiques, etc. Attention à ne pas tomber dans le piège des activités trop complexes et qui peuvent mettre en difficulté. A contrario, des activités trop simples peuvent générer un sentiment d’humiliation.
  • Des activités physiques douces : de la dance, de la gym, de la marche ou encore des jeux d’adresse. Qu’importe l’activité, cette dernière permettra un maintien des facultés motrices et de la coordination du corps et des gestes.
  • Des activités « souvenirs » : vous pouvez créer un album photo ou une boîte à souvenirs, chanter des chansons apprises plus jeunes. Ces activités permettent de solliciter la mémoire et faire émerger des souvenirs du passé. Prenez garde aux souvenirs dramatiques qui remontent.
  • Des activités artistiques : une simple création artistique peut être très gratifiante, quelle que soit l’activité (peinture, collage, poterie, pâte à sel, etc.) elle permettra à la personne de pouvoir apaiser son anxiété tout en faisant appel à sa concentration et à sa créativité. Vous pouvez aussi prévoir des sorties en extérieur : visites guidées dans les musées, pièce de théâtre, cinéma, etc.

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Pensez aux activités quotidiennes : vous faites de la cuisine ou du rangement ? Profitez-en pour faire participer la personne à cette activité sans l’infantiliser. Cela lui permettra de solliciter sa mémoire et sa gestuelle. Et surtout, prenez le temps d’écouter. Une simple discussion peut faire le plus grand bien.

Pour organiser une activité dans les meilleures dispositions, quelques conditions sont nécessaires : créez un rituel autour des activités que vous organisez : qu’il s’agisse de la fréquence, de la pièce, de la place de chacun ou encore de la façon dont vous expliquez l’activité, cela permet de rassurer la personne. Soyez au calme afin d’éviter toute distraction et prenez le temps de réaliser l’activité. Favorisez les temps de pause toutes les 20 minutes et arrêtez l’activités si vous sentez un agacement ou un signe de fatigue.

N'oubliez pas : indulgence, patience et bienveillance sont les maîtres mots pour une activité réussie !

Comment aider une personne dans l’accompagnement aux WC ?

La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées impactent le quotidien et peuvent entraîner une incontinence.

Pour aider la personne, voici quelques conseils : 

  • Rendre accessible et visibles les toilettes : identifiez le chemin d’accès, mettez une inscription sur la porte ou une représentation imagée. Vérifiez l’éclairage de la pièce. Il est aussi possible d’utiliser du liquide de couleur pour faciliter la vue de la cuvette. Pour éviter les chutes lorsque la personne se relève, vous pouvez disposer une chaise qui pourra l’aider. Il existe également des barres d’appui.
  • Choisir les vêtements : pour éviter les accidents, il est préférable que la personne porte des vêtements confortables, simples à mettre et à enlever (scratch, fermetures éclair ou velcro, tissus extensibles, ceinture élastique, etc.).
  • Solliciter la personne : il est possible que la personne ait besoin d’aller aux toilettes mais ne sache pas comment l’exprimer. Portez donc une grande attention à son comportement et encouragez-la à se rendre aux toilettes de façon routinière lorsque vous êtes à son domicile (toutes les 2 à 4h).
  • Faciliter les étapes : amenez la personne aux toilettes, aidez-la à se déshabiller si cela est utile. Vous pouvez aussi lui donner du papier hygiénique, laisser la porte entrouverte si besoin afin de rassurer la personne et lui montrer que vous n’êtes pas loin.

En cas d’accident : faites preuve de patience et de compréhension afin de ne pas faire culpabiliser la personne. Une telle situation est déjà humiliante pour elle, soyez vigilant à vos remarques, vos mimiques et vos attitudes. Si les accidents sont trop fréquents, il existe des protections adaptées à utiliser au besoin. N’hésitez pas à le mentionner au médecin traitant afin de mettre en place un suivi adapté et permettre d’améliorer le quotidien de la personne.

Comment accompagner une personne dans l’aide au coucher ?

Le moment du coucher peut s’avérer complexe pour une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. La personne perd progressivement ses repères spatio-temporels et ne comprend pas pourquoi il est l’heure d’aller se coucher.

Pour faciliter le moment du coucher : 

  • Éviter la sollicitation : en fin de journée, un changement de comportement est souvent constaté, il s’agit de l’agitation vespérale qui correspond à une angoisse quand le nuit tombe. Il faut donc favoriser le calme et la détente avant le coucher. Pensez également à éteindre les écrans.
  • Mettre en place des actes répétés : dans la mesure du possible, respectez les habitudes de la personne et procédez aux mêmes actions en respectant l’ordre. Vous pouvez allumer la lumière de chevet, disposer les vêtements de nuit et fermer les volets afin de ritualiser ce moment.
  • Assurer le déshabillage : ce moment de la journée peut être particulièrement complexe. La personne ne peut pas comprendre pourquoi elle doit se changer et peut se sentir agressée. Pour éviter cela, retirez les vêtements de façon progressive et remplacez-les aussitôt par le pyjama tout en expliquant toujours ce que vous allez faire.
  • Créer un environnement propice : une lumière tamisée, une température trop élevée, une musique douce pourront aider au coucher. Vous pouvez proposer un massage ou un moment de lecture qui pourront apaiser la personne et lui permettre de s’endormir plus sereinement.

Vous avez mis en place un rituel et vous faites appel à un auxiliaire de vie ? N’hésitez pas à lui transmettre vos conseils.

Les réveils nocturnes de la personne atteinte par la maladie d’Alzheimer :

La personne perd ses repères spatio-temporels et ne fait plus la différence entre le jour et la nuit. Si vous êtes amené à faire une garde de nuit : il se peut qu’elle se réveille ou se lève durant la nuit. Elle n’aura pas conscience qu’il faut qu’elle se rendorme. Elle aura tendance à vouloir commencer sa journée. Pensez à la lecture, à des massages ou à une collation qui pourront l’aider à se rendormir.

Pour éviter les réveils nocturnes, essayez de comprendre pour quelles raisons cela s’est produit. Vous pourrez en fonction agir et les éviter. Par exemple : si la personne a soif, prévoyez une bouteille d’eau à proximité du lit. Si c’est pour aller aux toilettes, veillez à lui proposer de s’y rendre avant le coucher.

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